Mais qui est Gwen

Alors là, bonne question!

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Vendredi 2 février 2007

A l'origine, il n'y avait pas de blog, simplement un fichier Word avec mes chroniques. Je destinais ce fichier principalement à ma grand-mère. Elle qui ne peut pas suivre mes aventures par email interposé, j'avais décidé de lui dédier mes récits et de lui faire envoyer une version imprimée régulièrement pour qu'elle ait des nouvelles. C'est toujours mieux que d'avoir à se coltiner Derrick l'après-midi !

Et puis je me suis rendu compte que ma vie à Shanghai était tout de même très pimentée, qu'il y avait beaucoup à dire, et souvent matière à rire. Afin de ne faire aucune discrimination par l'âge, j'ai donc décidé de publier ces récits en ligne pour que ma famille, mes amis et tous les autres intéressés, même inconnus, puissent suivre mes aventures.

Après un "il est vraiment trop moche ton blog" de ma sœur, j'ai décidé de faire un peu plus que de copier-coller mon doc Word sur une fenêtre web. Les photos viendront lorsque j'aurai un appareil photo (j'ai la flemme d'aller en acheter un).

Ainsi, vous comprendrez que les textes de la catégorie "Tranche de vie" s'apparentent plus à une ébauche de roman qu'à des articles de blog. C'est exactement comme ça que je les ai pensés.

Pour permettre quelques lectures plus rapides, j'ai créé d'autres rubriques :

- Instantanés : de courts billets comportant des remarques sur le pays, ses habitants. Pour ceux qui n'ont que quelques secondes devant eux !

- C'est du chinois : là encore de courtes remarques sur la langue chinoise et son apprentissage.

D'autres catégories viendront peut-être les rejoindre si le besoin s'en fait ressentir.

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Gwen / 关然

par Gwen publié dans : Instantanés
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Vendredi 2 février 2007

Gwen, c'est une fille qui vient de renverser son thermos de thé au jasmin et aux baies rouges sur son clavier AZERTY (denrée rare ici. Le clavier, pas le thé au jasmin !) et qui peste pendant 3 minutes avant de se dire que finalement, pester c'est fatiguant.

Gwen c'est aussi une globe-trotteuse invétérée qui ne peut s'empêcher de voyager partout où elle n'a pas besoin d'aller, pour autant qu'il y ait une connexion Internet et qu'elle puisse rentrer à temps pour les soirées Mojitos des potes à Paris.

Elle aime : New York, le soleil (pour la clarté, pas le farniente), les voyages, le chocolat (noir de préférence), les soirées entre copains, les langues, les journaux économiques et financiers (et oui, personne n'est parfait), la moto, se balader, les gadgets technologiques, le kick-boxing (a priori, mais ça reste à confirmer), le thé au jasmin (mais le clavier, il aime pas, lui).

Elle n'aime pas : Londres (rien à faire), les épices (pas pratique en Chine), rester plus de trois mois sur le même continent, jouer du piano (mais elle ne sait pas en jouer, ça tombe bien!), passer des plombes devant l'ordinateur à se demander ce qu'elle n'aime pas...

Et Gwen, c'est bien d'autres choses encore. Vous devrier pouvoir vous faire une idée du personnage en parcourant ses Tranches de vie.

par Gwen publié dans : Instantanés
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Jeudi 1 février 2007

En Chine, apparemment, les femmes font les shampooing, et les hommes coupent et coiffent. Coiffeur est un boulot d'homme, je n'ai encore pas vu de femme faire un brushing (remarque non valable pour les salons de coiffure haut de gamme du type Tony & Guy). Curieux non?

Comment ça elle est pas intéressante ma brève sur les coupe-tifs?! Eh, c'est un instantané des pensées qui me passent par la tête, fallait pas trop en attendre non plus!

 

par Gwen publié dans : Instantanés
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Jeudi 1 février 2007

Ayé! Je viens d'avoir mon premier cours de chinois avec un professeur de l'East China Normal University (华东师范大学). Le défi sera dur à relever. Il veut boucler une leçon par séance de deux heures. J'ai deux séances dans la semaine et chaque leçon comprend au moins 45 nouveaux mots. Mais c'est à prendre ou à laisser. Si je ne suis pas à la hauteur, mon professeur me laissera choir comme une vieille chaussette même plus digne du marché chinois des Birkenstock.

Je sais que certains lecteurs de ce blog seront intéressés par quelques remarques sur la langue chinoise, j'ai donc décidé d'y consacrer une catégorie.

par Gwen publié dans : C'est du chinois
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Jeudi 1 février 2007
Après deux mois de reconnaissance de terrain courant 2006, je suis arrivée à Shanghai un beau matin de janvier 2007, le 13 pour être exacte, armée de la volonté de faire je ne savais pas encore quoi et très motivée pour réussir dans l’entreprise que je n’avais pas encore clairement identifiée. C’était un sentiment plaisant que de forcer l’admiration de tous ceux qui, en France, m’avaient érigée en aventurière héroïque, moi qui allais m’exiler, sans y avoir été contrainte par la force, dans un pays aussi exotique et lointain que la Chine. Outre d’inspirer le respect, ma décision avait aussi malheureusement ajouté à la confusion de mes clients (ah oui, je suis traductrice indépendante), qui luttaient désespérément pour savoir sur quel fuseau horaire ils allaient dorénavant pouvoir compter sur moi. En quoi mon aventure était-elle héroïque ? Aucune idée. Mais je n’allais certainement pas contredire ceux qui l’avaient ainsi qualifiée. Ce qu’ils ignoraient certainement, c’est que cette terre lointaine était loin d’être aussi hostile qu’ils le pensaient. Il était même moins osé de relever le défi de trouver un logement en trois jours à Shanghai sans parler un mot de chinois que de louer un studio de 9,45m² à Paris sans la caution d'une multinationale.
En cette glorieuse matinée du 13 janvier, donc, j’arrivai à Shanghai, prête à « squatter » pour 3 jours dans un appartement que partageaient un Chinois, un Écossais et un Allemand. J’avais rencontré Alex, la composante allemande du trio, un mois auparavant, la veille de mon retour en France. Nous avions passé l’après-midi à papoter et il m’avait proposé d’accueillir mes bagages pendant mon absence et de mettre sa chambre à ma disposition à mon retour, puisqu’il n’y serait pas. Le lendemain, je lui avais donc largué ma Delsey et un sac de sport plein de littérature financière (et oui, je suis traductrice financière) et j’avais hérité d’un double des clés de l’appartement avant de filer prendre mon avion pour Paris.
À midi moins le quart, le 13 janvier, je tournai donc la clé de l’appart dans la grille qui venait doubler la porte d’entrée, avant de découvrir avec horreur qu’une partie du sésame avait consciencieusement suivi le mouvement de mon poignet tandis que l’autre était passivement restée coincée dans la serrure. L’éclat du métal fraîchement coupé vint confirmer mes craintes lorsque je retirai ma main. Oh chic ! J’étais maintenant obligée de réveiller les deux occupants de l’appartement, que je ne connaissais pas, pour leur expliquer que je venais de compromettre leur liberté de mouvement. Une tête hirsute apparut derrière la grille quelques minutes après que j’eus sonné. C’était Kevin, le Chinois et locataire principal de l’appart. Lorsque la brume de son cerveau se fut quelque peu dissipée, il sembla réagir à mon avertissement inquiet concernant la clé cassée dans la serrure de la grille, mais ne parut pas paniquer. Bah, tant mieux ! Un point pour le flegme chinois ! Je me dirigeai vers ce qui allait être ma chambre pour les 3 prochains jours. Il faisait 4 ou 5 degrés dehors et, bien sûr, comme tout bon logement situé au sud du fleuve Yang Tsé, pas de chauffage (merci Mao). Ma première action fut donc de mettre la « clim » en marche pour bénéficier de ce bon air chaud capable de dessécher l’Amazonie et qui peut certainement se targuer de détenir le titre de chauffage le moins efficace du monde (le mot isolation n’a apparemment pas encore fait son entrée dans le vocabulaire des architectes en Chine, ce qui n’aide pas non plus). L’appareil salvateur se met en branle, affiche une lumière rouge prometteuse et… rien. J’ai froid, j’ai dormi une heure et demie pendant le vol, trop occupée à lire les aventures de Paul West à Paris, et cette saleté de machine n’en a que faire et elle me le prouve ! Je patiente une dizaine de minutes en envoyant toutes mes ondes positives, mais rien n’y fait. Pourtant, j’ai bien reconnu le caractère de la chaleur sur la télécommande (celui avec tous les petits traits au-dessous, comme de la sueur qui dégouline – on utilise les moyens mnémotechniques qu’on peut !). Qu’à cela ne tienne, saisie de doutes et désespérée, je décide de combattre l’hibernation qui me guette en appuyant sur tous les autres boutons, bousillant par là-même la programmation de la mystérieuse machine. Je finis par déclarer forfait et me couche pour une sieste bien méritée, sous l’œil amusé de la clim, dont la petite lumière rouge semble me narguer. Comme si le lit froid n’était pas assez cruel, j’ai été flanquée d’une couette taille XS. Je dois faire un choix cruel entre risquer la pneumonie en laissant mes épaules découvertes ou prier pour me réveiller à temps avant que mes doigts de pied ne soient bons pour l’amputation. Je finis par m’endormir, un masque Air France sur les yeux et de la buée se formant à chaque respiration. À mon réveil, à 16h30, je me rue sur Kevin, qui a eu l’imprudence de se montrer dans les parties communes de l’appartement, afin de cristalliser toute son attention sur mes problèmes de chauffage. Dubitatif, il met l’instrument récalcitrant en marche et me dit d’attendre. Un quart d’heure plus tard, encore pour me narguer, la soufflerie s’active, me faisant passer pour une manchote incapable de faire fonctionner un appareil qui, à ma décharge, requiert d’appuyer sur un bouton ! J’ai perdu la face, mais, bonne nouvelle, je dormirai au chaud ce soir !
Après une douche rapide dans une salle d’eau qui avait tout de la chambre froide, carcasses de viande en moins, je m’apprête à sortir pour la soirée. Inquiète pour mon retour, je dérange encore Kevin et lui demande de veiller à laisser la grille ouverte pour que je puisse rentrer même s’il n’y a personne pour l’ouvrir de l’intérieur (c’est rapport à la clé qui s’est cassée à l’intérieur de la serrure). Ce à quoi il me répond en m’enfermant à l’extérieur (l’ai-je vraiment tant agacé que ça ?) et en me démontrant que je peux passer le bras entre deux barreaux et ouvrir le loquet de l’extérieur. Un jour, il faudra m’expliquer l’intérêt de la grille ! Je me refuse à croire qu’il est esthétique. Rassurée, je file donc faire un petit tour histoire de m’aérer l’esprit. Je suis dans le quartier qui m'avait déjà abritée un mois auparavant pendant mon dernier séjour de reconnaissance. J'y ai donc mes habitudes. Mes premiers pas me mènent donc tout droit vers un salon de beauté caché de la vue de tous mais dont je connais la valeur. J’ai les traits tirés par la fatigue et le visage desséché par les 12 heures de climatisation de l’avion, je vais donc faire un soin du visage. Après m’être fait pouponner, je me dirige d’un pas sûr vers ma seconde destination favorite, Starbucks. Jusqu’ici, ma vie chinoise n’a rien de véritablement local. Sur place, je découvre que je suis une "star" ! Lors de mon séjour précédent, j’étais venue travailler dans ce Starbucks chaque jour pendant plusieurs heures, assise sur la même chaise à siroter le même breuvage. Une nouvelle employée, ou barrista pour utiliser l'appellation maison, m'annonce que depuis son premier jour on lui a parlé de cette occidentale qui venait si souvent prendre racine dans le café et qui allait revenir, un jour !
par Gwen publié dans : Tranche de vie
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Jeudi 1 février 2007
Dans l'avion qui m’emmène à toute berzingue vers ma nouvelle vie, confortablement installée au fond du siège de classe affaires que j’ai eu le luxe de m’offrir contre une flopée de « miles Air France », je regarde d’un air perdu les amas de sacs plastique qui jonchent le sol devant moi. À côté de mes bottes s’éparpillent magazines et romans, tous achetés en hâte à l’aéroport sans grand discernement. Pour ne pas déroger à mes habitudes, j’ai acheté un Picsou magazine. Mon entourage, principalement constitué d’hommes et de femmes d’affaires qui semblent avides de souligner la frontière qui les sépare des pauvres hères tassés en classe économique, m’observent avec une pointe de surprise et une grande incompréhension lorsque je me saisis de ma BD préférée (j’ai toujours aimé les histoires de Picsou). Je les emmerde ! Na ! Une fois le dîner passé, j’ai parcouru toutes les bulles et plonge alors la main dans le sac Relais H pour piocher ma prochaine lecture. « A year in the Merde » de Stephen Clarke. Le premier roman fiction relatant l’expérience d’un jeune Anglais fraîchement débarqué à Paris, qui sera suivi de « Merde actually », deuxième tome des aventures de Paul West. Le roman, plein d’humour, aligne les remarques sur les habitudes et la vie des Français en général, et des Parisiens en particulier. Mon monde, vu de l’extérieur. Quelle plus belle entrée en matière pour une jeune (si, si, je suis encore jeune) Française qui s’apprête à débarouler dans l’Empire du Milieu pour y goûter la vie et en découvrir des pans de culture.

Malgré l’immense plaisir que j’eus à dévorer les deux romans de Stephen Clarke et l’inspiration qu’ils m’insufflaient, mon manque de rigueur légendaire avait repoussé les aspirations bloguiennes qui me venaient à chaque remarque de mon esprit sur mon nouvel environnement chinois. Persuadée d’être incapable de me tenir à cette discipline, j’avais courageusement décidé de ne pas m’y mettre. Et puis la tentation fut plus forte que ma fainéantise. Ainsi, un soir, en chemin vers un restaurant à la clientèle aussi occidentale que la carte (requête de mon estomac), j’ai acheté un cahier à 0,8 kuais (l’équivalent d’environ 8 centimes d’euros) et commencé à inonder le papier de mon écriture irrégulière. Après tout, je n’étais arrivée que la veille en Chine, il était encore temps de rattraper mon retard
par Gwen publié dans : Tranche de vie
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