Et voilà ! C’était couru d’avance. Ma première action, en me levant ce matin, a été d’envoyer un SMS à Jin pour annuler le cours d’aujourd’hui. Ceux qui ont connu mes années estudiantines savent que je ne suis pas la reine de l’assiduité. Pour autant, c’est différent avec les cours de chinois. D’abord, ce sont des cours particuliers, donc taillés à la mesure de mes besoins, et ça, ça me plaît bien !!! Ensuite, les annuler ne me procure aucunement le sentiment de liberté qui m’emplit généralement lorsque je prends la décision de « sécher » un cours. Quand on se résout, de guerre lasse, à céder à une démangeaison maligne, on en retire un bien-être fou que l’on peu comparer à mon état d’esprit de « sécheuse » de haut vol. Et bien là, non. J’ai droit au deuxième effet Kiss Kool, celui de l’après-grattage, celui de l’amer regret que l’on a d’avoir aggravé la situation.
L’Ayi est là aujourd’hui. Heureusement pour elle, mon état de misanthropie de ces derniers jours s’apaise et je peux donc lui sourire plutôt que de m’énerver. Le hic, c’est que sourire ou pas, je ne comprends pas un traitre mot de ce qu’elle raconte. J’entends, je capte, je répète en armant mon regard de toute la détresse possible (j’aurais dû être comédienne) pour lui faire comprendre… que je ne comprends pas. Mais rien à faire. Le simple fait que je répète ses mots est, dans l’esprit de cette chère Ayi, exclusif de toute ignorance de leur sens. Tenter de lui faire comprendre que je les entends, peux les répéter, sans pour autant savoir ce que je dis, provoquerait un risque de disjonction neuronale tel que je me garde bien de me lancer sur cette voie. Le défi à relever n’est pas des moindres : je pars ce soir pour un séjour de deux semaines en France, ce qui a des implications pratiques au niveau de l’intendance. Ayi me dit (traduction libre !) : « ah bah c’est bien, pendant ton absence, je peux repasser les draps » (les deux paires que j’ai mises à laver ce matin). Ce à quoi je me vois forcée de lui rétorquer : « ben en fait non, parce que mon ami arrive ici demain et ses parents seront là aussi la semaine prochaine ». Moment de réflexion intense chez Ayi : « mais alors, il faut que je lui mette des draps sur le lit ! ». A ce stade, je n’ai qu’une idée en tête : étudier le chinois 10 heures par jour pendant les 4 prochains mois pour pouvoir communiquer. Comment lui faire comprendre que la paire de draps qui sèche actuellement est la seule de la taille appropriée pour aller sur le lit et qu’il faudra donc qu’Alex refasse lui-même le lit à son arrivée lorsque les draps seront secs. Comment même lui faire comprendre qu’un spécimen du sexe masculin sait faire un lit !
Cette « conversation » se termine, après près de 10 minutes (c’est long dix minutes sans comprendre) sur un « non, mais mei guanxi » (c’est pas grave) de ma part. A ce stade, je parle en français en jetant çà et là les quelques mots de chinois que je connais.
Je n’en suis pas au terme de mes épreuves de la matinée : livraison des Pages jaunes shanghaiennes (c’est rigolo, c’est tout en chinois !). Le livreur me donne mes deux bottins, me fait émarger et me baragouine un truc en attendant manifestement une réponse ou une réaction de ma part. « Jiu4 de », « jiu4 de »… qu’est-ce que c’est ça ? Mon premier réflexe est… de ne pas comprendre car le jiu3 que je connais le mieux veut dire neuf (bon d’accord, c’est pas le même ton que l’autre, mais j’étais perturbée !!!). Il veut neuf quoi le monsieur ???? J’appelle Ayi à la rescousse. Elle me répète « jiu4 de » ! Ah bah ça va m’aider ça ! Pendant ce temps, mon cerveau s’active avec le zèle d’un agent de circulation chinois qui veut empêcher à tout prix qu’un piéton aspirant à traverser la route ne mette un pied hors du trottoir sur la chaussée. Illumination ! Mais oui, « jiu4 de », ça veut dire « les anciens » ! Ah, il veut récupérer les vieux bottins. Mon visage s’éclaire, celui de mon interlocuteur se détend et je lui lâche brutalement « wo mei you » (je les ai pas) ! Ben ouais, je les ai jetés en emménageant !
Un certain Jérôme avait raison de me dire que, malgré mon confinement forcé à l’appartement, je retirais, sans m’en rendre compte, bien des choses de mon séjour en Chine. Aujourd’hui, à la clarté du jour et après ces épreuves, je suis plus motivée que jamais pour me mettre au chinois.




ngerous Driving". Tout un tas de dépliants du genre nous ont accueillis à l'arrivée à l'aéroport de Hong Kong. Quand on sait comment on conduit en Chine continentale, on trouve les Hong Kongais bien pointilleux!!!





Chasse aux fringues avec Alex en fashion consultant.
Ah le kitch, c'est pareil en RPC et à HK!
Avec ses piécettes, no wonder qu'elle a pas de monnaie pour les billets de 1000HK$ et 500 HK$ la dame!
Photo qui sert à rien, mais qu'est là quand même! (PS: nous sommes crevés, après avoir dormi seulement 5 heures la nuit précédente)
Chez Giorgio Armani. Trop fort le magasin!... On se croirait au sous-sol du Louvre.
Moi, ce qui m'énerve à HK, c'est qu'on peut jamais traverser la route tranquille. Il faut parfois faire 300 mètres avant de trouver un passage piétons.
C'est beau les villes d'Asie la nuit! Et à HK, avec les collines et la végétation tropicale, c'est encore mieux!
J'adore cette photo. Alex la trouve zarbie! Nous faisons la queue pour prendre le Cable Car.
Sur Victoria peek. Une vue imprenable sur les lumières de la ville en bas. Le "truc vaporeux" au premier plan, c'est moi! 
Et voilà ce que ça donne à 2h du matin, après une journée crevante et un déficit de sommeil qui atteint l'excédent de la Belle au bois dormant! En plus des poches sous les yeux, y'a de jolis traits bleuâtres. 




