Mais qui est Gwen

Alors là, bonne question!

Pour découvrir qui est Gwen, cliquez sur le lien.

 

Présentation

Catégories

Vendredi 13 avril 2007

Et voilà ! C’était couru d’avance. Ma première action, en me levant ce matin, a été d’envoyer un SMS à Jin pour annuler le cours d’aujourd’hui. Ceux qui ont connu mes années estudiantines savent que je ne suis pas la reine de l’assiduité. Pour autant, c’est différent avec les cours de chinois. D’abord, ce sont des cours particuliers, donc taillés à la mesure de mes besoins, et ça, ça me plaît bien !!! Ensuite, les annuler ne me procure aucunement le sentiment de liberté qui m’emplit généralement lorsque je prends la décision de « sécher » un cours. Quand on se résout, de guerre lasse, à céder à une démangeaison maligne, on en retire un bien-être fou que l’on peu comparer à mon état d’esprit de « sécheuse » de haut vol. Et bien là, non. J’ai droit au deuxième effet Kiss Kool, celui de l’après-grattage, celui de l’amer regret que l’on a d’avoir aggravé la situation.

 

 

L’Ayi est là aujourd’hui. Heureusement pour elle, mon état de misanthropie de ces derniers jours s’apaise et je peux donc lui sourire plutôt que de m’énerver. Le hic, c’est que sourire ou pas, je ne comprends pas un traitre mot de ce qu’elle raconte. J’entends, je capte, je répète en armant mon regard de toute la détresse possible (j’aurais dû être comédienne) pour lui faire comprendre… que je ne comprends pas. Mais rien à faire. Le simple fait que je répète ses mots est, dans l’esprit de cette chère Ayi, exclusif de toute ignorance de leur sens. Tenter de lui faire comprendre que je les entends, peux les répéter, sans pour autant savoir ce que je dis, provoquerait un risque de disjonction neuronale tel que je me garde bien de me lancer sur cette voie. Le défi à relever n’est pas des moindres : je pars ce soir pour un séjour de deux semaines en France, ce qui a des implications pratiques au niveau de l’intendance. Ayi me dit (traduction libre !) : « ah bah c’est bien, pendant ton absence, je peux repasser les draps » (les deux paires que j’ai mises à laver ce matin). Ce à quoi je me vois forcée de lui rétorquer : « ben en fait non, parce que mon ami arrive ici demain et ses parents seront là aussi la semaine prochaine ». Moment de réflexion intense chez Ayi : « mais alors, il faut que je lui mette des draps sur le lit ! ». A ce stade, je n’ai qu’une idée en tête : étudier le chinois 10 heures par jour pendant les 4 prochains mois pour pouvoir communiquer. Comment lui faire comprendre que la paire de draps qui sèche actuellement est la seule de la taille appropriée pour aller sur le lit et qu’il faudra donc qu’Alex refasse lui-même le lit à son arrivée lorsque les draps seront secs. Comment même lui faire comprendre qu’un spécimen du sexe masculin sait faire un lit !

 

 

Cette « conversation » se termine, après près de 10 minutes (c’est long dix minutes sans comprendre) sur un « non, mais mei guanxi » (c’est pas grave) de ma part. A ce stade, je parle en français en jetant çà et là les quelques mots de chinois que je connais.

 

 

Je n’en suis pas au terme de mes épreuves de la matinée : livraison des Pages jaunes shanghaiennes (c’est rigolo, c’est tout en chinois !). Le livreur me donne mes deux bottins, me fait émarger et me baragouine un truc en attendant manifestement une réponse ou une réaction de ma part. « Jiu4 de », « jiu4 de »… qu’est-ce que c’est ça ? Mon premier réflexe est… de ne pas comprendre car le jiu3 que je connais le mieux veut dire neuf (bon d’accord, c’est pas le même ton que l’autre, mais j’étais perturbée !!!). Il veut neuf quoi le monsieur ???? J’appelle Ayi à la rescousse. Elle me répète « jiu4 de » ! Ah bah ça va m’aider ça ! Pendant ce temps, mon cerveau s’active avec le zèle d’un agent de circulation chinois qui veut empêcher à tout prix qu’un piéton aspirant à traverser la route ne mette un pied hors du trottoir sur la chaussée. Illumination ! Mais oui, « jiu4 de », ça veut dire « les anciens » ! Ah, il veut récupérer les vieux bottins. Mon visage s’éclaire, celui de mon interlocuteur se détend et je lui lâche brutalement « wo mei you » (je les ai pas) ! Ben ouais, je les ai jetés en emménageant !

 

 

Un certain Jérôme avait raison de me dire que, malgré mon confinement forcé à l’appartement, je retirais, sans m’en rendre compte, bien des choses de mon séjour en Chine. Aujourd’hui, à la clarté du jour et après ces épreuves, je suis plus motivée que jamais pour me mettre au chinois.

par Gwen publié dans : C'est du chinois
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Jeudi 12 avril 2007

Ça n’avance pas vite. Moi la perfectionniste, moi qui suis perdue si je ne peux apprendre, oublier et réapprendre cent fois un mot ou une tournure pour me l’approprier pour toujours, j’ai entrepris d’apprendre le chinois, sans en avoir véritablement le temps. Quel défi ! J’ai la chance d’avoir pour professeur un linguiste distingué qui sait poser chaque brique de logique dans ma petite tête. Mais l’effort de mémorisation n’en reste pas moins colossal. Je me suis donc rappelée mes premières leçons d’allemand « Michael! Telefon! Es ist Brigitte. », « Ja Mutti, ich komme! » et la manière peu conventionnelle dont j’ai appris l’anglais. La constante de ces deux apprentissages fructueux ? L’oreille. Je suis un vrai perroquet et, en bon volatile que je suis, je dois entendre et parler.

 

Jin, mon professeur, m’a acheté les cassettes qui vont avec mon livre de chinois. Je peux donc écouter les textes et les dialogues jusqu’à les connaître par cœur. Je ne me suis attelée à la tâche de l’écoute qu’il y a une dizaine de jours et, déjà, je ressens la différence. J’ai acheté du Tipex et recouvert d’une bande blanche tout le pinyin (la transcription phonétique des mots en caractères latins) qui polluait ma vue dans le livre. Dorénavant, je peux écouter les textes et les lire en caractères en même temps, sans que mes yeux soient attirés par le pinyin comme avec les sous-titres d’un film.

 

J’ai de la chance. Jin ne m’a pas laissé tomber malgré mon emploi du temps changeant et mon indisponibilité lassante. La semaine dernière, il a même accepté de venir à la maison pour m’éviter l’heure de trajet aller-retour. Tout ça pour s’entendre dire dès son arrivée : « Bon, ben j’ai pas eu le temps de travailler ». Heureusement, comme j’avais innové en écoutant le texte d’avance, nous avons pu faire une leçon sans que je peine trop à lire ou à parler. Je me sers de tous les moyens pour trouver les mots qui me manquent. Mon dynamisme acharné le fait rire, c’est déjà ça ! La grammaire, comme toujours, va vite, en tous cas pour l’instant (c’est bien pour ça le chinois, pas de déclinaisons à rallonge, pas de perfectif/imperfectif, etc.). Cette semaine, j’ai demandé à décaler le cours à demain, vendredi. Manque de bol, j’ai une montagne de travail. Conclusion, j’irai encore une fois au cours sans avoir rien fait (et sans avoir écouté le dialogue cette fois, même pas eu le temps de faire ça) et en lui demandant de ne faire qu’une heure et demie de cours. Je croise les doigts pour trouver un taxi à la sortie de l’université.
par Gwen publié dans : C'est du chinois
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Jeudi 12 avril 2007

L’éclipse

 

 

Frappée de torpeur ? Fainéante ? Débordée ? Absente ? Empêtrée dans les méandres de la bureaucratie chinoise ? Perdue ? Déconnectée du monde ?

 

Comment cette histoire, qui entre nous avait si bien commencé, peut-elle s’interrompre si brutalement ? Pourquoi n’ai-je pas donné signe de vie ? Un peu pour toutes ces raisons à la fois. S’il en est une que je ne peux invoquer, c’est le manque de moments à partager. Les six dernières semaines ont été riches en événements et méritent bien quelques heures de pianotage à la lumière de la lampe à huile… enfin, des spots Ikea. Mais voilà. Quelques heures, c’est tout une vie. Et surtout, c’est bien insuffisant pour narrer mon expérience chinoise avec tous les égards qu’elle mérite.

 

Et pourtant, l’écriture me manque. Les mots que j’aligne à longueur de journée en enfonçant frénétiquement les touches dans un bruit perçant ne m’amusent plus, ne me procurent plus aucun plaisir. Ce soir, rongée par le stress d’un métier devenu trop chronophage et pour lequel mon esprit développe une répulsion mécanique contre laquelle je n’arrive pas à lutter, ce soir donc, disais-je, je vais m’épancher quelque peu et jeter quelques mots en vrac pour me soulager.

 

 

Fenêtre sur Shanghai

 

 

La tête encastrée dans les écouteurs d’un casque réducteur de bruit, les yeux souvent distraits par le scintillement des lumières de la ville, dont les gratte-ciels se rappellent au monde en faisant clignoter leur faîte de lumières rouges semblables à autant de gyrophares statiques, j’écoute U2 en pensant à New York, un brin de nostalgie dans les yeux. Grand moment de doute. D’où me vient ce sentiment ? Me suis-je rendue coupable d’une erreur d’aiguillage (je n’en serais pas à ma première) en venant poser mes valises à Shanghai ? Non. New York ne trouve pas plus d’atours à mes yeux ce soir qu’il y a 7 mois lorsque j’ai pris la décision de revoir ma copie et de venir m’installer ici plutôt que d’emménager dans la Grande pomme. Cet accès de mélancolie et d’abattement n’est que le contrecoup de trop de jours, trop d’heures à concentrer mon attention sur mon travail, sans même en tirer la satisfaction de la tâche bien accomplie puisque tout se finalise à la hâte dans la frustration et le stress.

 

Je viens d’emménager dans mon appartement, premier véritable chez moi depuis que j’ai quitté Paris en juin dernier. Pendant une semaine, j’ai oublié rapports, prospectus et autres commentaires de gestion pour aménager ce nid douillet avec Vanessa et Alex, dont l’existence est venue furtivement prendre place dans ma vie au point d’en faire dorénavant partie intégrante. Voilà un mois que Vanessa a commencé à travailler avec moi et voilà un peu plus de deux mois qu’Alex et moi faisons les quatre-cents coups ensemble à chacune de nos retrouvailles. Une routine confortable s’installe, des projets de vie s’ourdissent, des verres de vin se vident dans des crises de rire, tandis que nous papotons. Nous voilà, pour l’anniversaire d’Alex, affalés sur le canapé, chaque partie du corps soutenue par un coussin et nos têtes reposant sur des peluches Ikea dont le style naïf et coloré tranche avec la déco épurée et aux teintes naturelles du salon – beau tableau pour une soirée.

 

Au-delà du balcon, sur lequel un balai-éponge disposé là par l’Ayi (la femme de ménage) vient troubler quelque peu la vue, les lumières se sont éteintes, il est dix heures passé. Seuls les gyrophares s’appliquent encore et toujours à leur tâche. En baissant le regard, on devine un cratère de lueurs derrière des immeubles. Shanghai, la nuit, continue de grandir, les travaux se font alors sous de puissants projecteurs, créant des jeux de lumière visibles depuis notre tour d’ivoire.

 

Au matin, le café se doit d’être pris sur le balcon du bureau, face au soleil et avec, en arrière plan, la rivière Huangpu, qui déverse inlassablement ses salves de péniches entre deux rives ornées de grues couleur rouille. Régulièrement, lorsqu’un mastodonte est escorté jusqu’à l’embouchure par un remorqueur, les cornes de brume résonnent et l’on pourrait alors oublier l’étendue urbaine qui nous entoure. Les courants d’air, parfois violents au 24ème étage, deviennent alors des rafales venues de l’océan près d’un port Breton et les jus de fruits et légumes frais que nous nous préparons chaque jour nous donnent le teint halé de ceux qui profitent du grand air.

 

 

Voilà ma vie depuis deux semaines. Deux semaines déjà, et je n’ai toujours pas fait le tour du quartier, je ne suis sortie qu’en taxi pour aller d’un point à un autre. Certes chaque fois avec plaisir, mais sans la liberté de pouvoir flâner la conscience sereine, les yeux et l’esprit ouverts, en absorbant de toutes parts ce nouvel environnement qui est le mien, en m’imprégnant de mon expérience shanghaienne.

 

 

Demain soir, je pars pour la France. D’ici là, je dois traduire encore 6000 mots de statuts d’un fonds irlandais,  m’occuper d’un projet quotidien pour des clients le matin, m’occuper des deux petits fichiers supplémentaires qui sont venus s’ajouter à un projet cauchemar finalisé mercredi, aller à mon cours de chinois, faire ma valise, dire au revoir à Alex…
par Gwen publié dans : Tranche de vie
ajouter un commentaire commentaires (1)   
Vendredi 16 mars 2007

Jialifu, comprendre Carrefour, ou la Maison du bonheur.

Antre de l'occidentalisme. Oasis des estomacs chagrins qui dépérissent de se nourrir exclusivmede raviolis vapeur et de pattes de canard.

J'y trouve mon Nutella, ingrédient indispensable à ma survie, et du pain, que je décide de faire trancher.

Suivez bien, c'est là que l'on rentre dans le cœur de l'histoire ! La machine à couper le pain est une rangée de longues lames  disposées à la verticale, qu'un interrupteur fait vibrer dans un mouvement impitoyable. Les employés du rayon boulangerie sont les seuls habilités à manier l'instrument. L'une d'entre eux pousse le pain à mains nues pour que la machine infernale brise la croûte et entame la mie au plus profond. Lorsque ses doigts sont sur le point d'être engloutis, alors que je fixe la scène d'un regard angoissé, elle passe de l'autre côté et tire sur les tranches qui se sont formées pour terminer cette dangereuse opération et me tendre mon pain.

Quelque chose me dit que les mesures de sécurité visant à éviter les accidents du travail ne sont pas la marotte des managers chinois!

par Gwen publié dans : Instantanés
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Vendredi 23 février 2007

A Hong Kong pour les prochains jours. Je ne vous raconterai rien, mais puisque nous mitraillons en moyenne toutes les 6 minutes (225 photos en 24 heures!), vous avez droit à un résumé en images...

       

Bon, y'en a 30 de sélectionnées, mais là il est tard, alors suite au prochain épisode.

 

 

"Dangerous Driving". Tout un tas de dépliants du genre nous ont accueillis à l'arrivée à l'aéroport de Hong Kong. Quand on sait comment on conduit en Chine continentale, on trouve les Hong Kongais bien pointilleux!!!  

 

 

 On a trouvé LE café/brasserie/épicerie bio de Hong Kong!

Jus de fruits frais à gogo!

 

 

  

  

 

 

Petit bateau de pêche entre Kowloon et Central.

 

 

 Chasse aux fringues avec Alex en fashion consultant.

 Ah le kitch, c'est pareil en RPC et à HK!

 

   Avec ses piécettes, no wonder qu'elle a pas de monnaie pour les billets de 1000HK$ et 500 HK$ la dame!

 Photo qui sert à rien, mais qu'est là quand même! (PS: nous sommes crevés, après avoir dormi seulement 5 heures la nuit précédente)

 

  Chez Giorgio Armani. Trop fort le magasin!... On se croirait au sous-sol du Louvre.

 

   Moi, ce qui m'énerve à HK, c'est qu'on peut jamais traverser la route tranquille. Il faut parfois faire 300 mètres avant de trouver un passage piétons.

  

 

 

 

 

 

C'est quoi cette photo débile? Et surtout, bonjour les poches sous les yeux!!!!

 

 

 C'est beau les villes d'Asie la nuit! Et à HK, avec les collines et la végétation tropicale, c'est encore mieux!

                                                         J'adore cette photo. Alex la trouve zarbie! Nous faisons la queue pour prendre le Cable Car.

 

 

  Sur Victoria peek. Une vue imprenable sur les lumières de la ville en bas. Le "truc vaporeux" au premier plan, c'est moi!

 

 

   Ah bah voilà, y'en encore ma tronche! J'y peux rien, c'es Alex qui prenait les photos!       

  Et voilà ce que ça donne à 2h du matin, après une journée crevante et un déficit de sommeil qui atteint l'excédent de la Belle au bois dormant! En plus des poches sous les yeux, y'a de jolis traits bleuâtres.  

 

 

 

par Gwen publié dans : Instantanés
ajouter un commentaire commentaires (0)   
Samedi 17 février 2007

Pourquoi la Chine a-t-elle connu une vague de mariages ces deux derniers mois? Figurez-vous que c'est une histoire de cochon! Voilà maintenant une heure que nous sommes entrés dans l'année du cochon doré. Si l'animal n'a pas la prestance d'un cheval ou d'un serpent dans nos perceptions occidentales, il est ici synonyme de richesse, d'où le doré. Et les unions dans tout ça? Et bien nos jeunes couples chinois se sont empressés de se marier à l'approche de cette année faste afin de mettre toutes les chances de leur côté pour donner naissance à un enfant durant l'année du cochon, ce qui assurera prospérité à leur progéniture. Pour ceux qui ont raté le coche, patience, le cochon revient dans douze ans!

 

 

 

Et que se passe-t-il à Shanghai au réveillon du Nouvel an? J'avoue que la question ne m'avait pas trop taraudée jusqu'à ce que je tente de commander un déjeuner à 16h sous l'insistance de mon estomac. Le téléphone sonne dans le vide. Et mon estomac de gargouiller de plus belle. Je me rends à l'évidence, glisse mon ordinateur dans mon sac à main, attrape mon argent de poche et quitte l'appartement pour me diriger vers mes cantines habituelles. D'un pas allègre qui marque la mesure des morceaux de mon iPod, j'arrive à un premier restaurant, dont le rideau de fer abaissé n'augure rien de bon. C'est une petite brasserie et je me dis qu'Element Fresh, niché au milieu du Shanghai Centre, qui abrite le Ritz-Carlton, ne me fera pas l'affront d'un tel accueil. Je me remets sitôt en marche et m'étonne, quelques minutes plus tard, que mes pas se soient calés sans difficulté sur un refrain cette fois plutôt rapide. D'un regard en coin, je dirige mon attention vers mon entourage. Personne ne vient contrarier mon avancée, je traverse la chaussée sans me faire klaxonner par deux bus et manquer de me faire renverser par trois taxis à la fois. Shanghai est vide. Mes quelques compagnons de route éphémères portent tous un panier de fruits, une boîte d’oranges ou un bouquet de fleurs. Premier constat donc, le pays s’est mis en veille. Tant et si bien qu'Element Fresh est bel et bien fermé. Après avoir avisé un supermarché ouvert et fait quelques emplettes pour me préparer moi-même un frichti, je rentre à l’appartement après la tombée de la nuit. Dans les rues, c’est le calme avant la tempête. Au détour d’une grille, des enfants allument déjà des pétards. Tenue rose incontournable pour les petites filles, habit garni de rouge pour les femmes. Devant mon immeuble, trois jeunes déclenchent une pétarade assourdissante. La fumée qui s’échappe de ces porte-bonheur s’élève de toute sa masse pour aller se confondre avec la brume qui vient tutoyer les toits des immeubles et qui a déjà englouti les derniers étages des gratte-ciel.

 

 

 

C’est bientôt l’heure de sortir pour aller dîner à Pudong, face au Bund, près de la rivière. Le seul endroit ouvert est la brasserie Paulaner. Pas de dîner chinois traditionnel donc. A minuit, pas de décompte. Quelques minutes auparavant, les feux ont dévoilé tous leurs artifices un peu partout dans la ville et notre brasserie teutonne a organisé son propre festival de couleurs. Pendant un petit quart d’heure, les appareils photo sont sortis. Alex et moi sommes les seuls à souhaiter bonne année à la cantonade et nos vœux n’ont pas un effet frappant sur notre entourage.

Tous se contentent de regarder les boules de couleur dans le ciel, le temps de décoller l’œil de l’objectif et de regarder autour de nous, la promenade s’est vidée et les immeubles du Bund, qui brillaient de mille feux quelques instants auparavant, sont éteints. La nuit est redevenue maître des lieux et une épaisse fumée mêlée à la brume jette un voile sur l’autre rive du Huangpu. Une péniche glisse, imperturbable, sur une rivière retombée dans l’obscurité. C’est le nouvel an, mais rien n’arrête véritablement les affaires à Shanghai !

par Gwen publié dans : Instantanés
ajouter un commentaire commentaires (2)   
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus